20 août 2009
Madilu System demeure un chanteur hors pair
Kinshasa, 19/08/2009 / Musique

Photos d'archive: Madilu System et JP-BUSE à Montréal ( Canada)
Les mélomanes kinois, en particulier et autres musiciens se souviennent encore de l’héritage artistique qu’a laissé ce chanteur amuseur hors pair. En écoutant les airs de ses chansons, Madilu System apporte la bonne humeur.
Disparu le 11 août 2007 aux Cliques universitaires du Mont Amba, à l’âge de 57 ans, Jean de Dieu Bialu Madilu demeure encore présent à travers ses œuvres phonographiques dans les cours des mélomanes.
Les mélomanes kinois, en particulier et autres musiciens se souviennent encore de l’héritage artistique qu’a laissé ce chanteur amuseur hors pair. En écoutant les airs de ses chansons, Madilu System apporte la bonne humeur.
Il a su en son temps caricaturer les faits sociaux et incarne le sort de plusieurs personnes. Tel que témoigne mon confrère Siki Ntetani Mbemba, avec Madilu, l’ennui n’était presque jamais au rendez-vous.
Il s’avait détendre par de petits récits. Aux lieux de regroupement ou en voyage, ses facéties meublaient le temps du groupe. Cette faculté lui permettait l’aisance de posture quel que soit le nombre de personnes autour de lui.
Ainsi, il était entré dans le monde d’Orphée où il s’était introduit comme chanteur. En chroniqueur averti de la musique congolaise, notre confrère Bob Ambongo renchérit: Madilu était un grand chanteur qui savait manipuler sa voix à travers divers styles de musique la rumba fiesta, rumba odemba, le boléro et la salsa.
Il avait cette habitude de composer des chansons à thème au même titre que son aîné Luambo Makiadi qui pour lui a été un repère, un modèle qui l’a toujours inspire...
Et que retenir de son parcours artistique ? Siki Ntetani Mbemba nous renseigne que Madilu System entame, en effet, la carrière musicale sous a férule de Papa Noël Nedule avec l’orchestre Bamboula qui se disloque après sa participation à un festival international.
L’occasion d’exercer pleinement son métier s’offre prés de l’actuel marché Mariano, dans les environs de la rue Yakata, dans la commune de Ngiri-Ngiri, où habite Yonsa Taluki dont les violons ne se sont pas accordés avec Seskain Molenga, créateur de l’orchestre Bakuba ayant en vedette le gros Jean Kabasele Yampanya alias Pépé Kallé qui explose dans le tube « Nazoki ».
Bialu Madilu Makiese est, avec un autre chanteur, Pindu Pères, aux côtés du soliste Yonsa pour former l’ensemble Bakuba auquel, pour le distinguer, sont ajoutées les lettres initiales des noms du trio Madilu -Yonsa - Pindu pour donner le sigle Mayopi, Bakuba Mayopi.
« Zene » couronne leur union et bouscule les hit parades. Madilu dont les tremolos de la voix ressemblent étrangement à ceux de Pépé Kale, se révèle auprès des mélomanes.
Cependant, des problèmes de marketing et surtout de leadership se posent au point de provoquer la dislocation du jeune groupe.
Madilu Bialu qui prend le nom de Père Zikalpens s’en va monter son propre ensemble appelé Pamba-Pamba avec lequel il lance la chanson « Madilu System » sous le label de la nouvelle maison d’édition de Maxime Soki Vangu, responsable numéro 1 de l’orchestre Bella-Bella.
Gérer son petit monde s’avère très difficile tant et si bien qu’il opte pour une embauche dans l’orchestre International Afrisa de son idole, Pascal Sinamoya Tabu Ley. Au bar Type Ka, dans le prolongement de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Ndolo, dans la commune de Kinshasa, ses apparitions passent néanmoins inaperçues.
Il est alors aperçu, en 1979, au music-hall Un-Deux-Trois, dans la commune de Kasa-Vubu, où il est attire par le grand maquisard Daniel Ntesa Nzitani dit Dalienst qui officie dans l’autre grande école qu’est le Tout Puissant OK Jazz du grand maître Luambo Makiadi Lokanga La Ndju Pene Franco.
La ligne d’attaque est composée des monstres sacrés tels que Dalienst, bien sûr, Josky Kiambukuta Londa, Pepé Ndombe Opetum, Jo Mpoy, B False Pascal Wuta Mayi et même Diato Lukoki, Lokombe.
Y avoir une place exige énormément de patience, de persévérance et même de chance d’autant moins que le patron ne croit ni à son esprit d’initiative, ni à son talent en lui collant simplement l’étiquette d’imitateur de Pépe Kallé.
D’ailleurs, quand il s’agit des voyages importants pour lesquels il faut réduire l’équipe, le critère d’indispensabilité plaide toujours en défaveur de Madilu. En 1983, après moult atermoiements, Bialu Madilu est retenu en dernière minute dans la délégation du TP OK Jazz invitée pour une tournée en Europe.
A quelque chose malheur est bon, dit-on. Il arrive que les titulaires au chant entrent en froid avec Luambo Makiadi sur leurs droits après plusieurs productions. La réaction de celui-ci est de leur prouver que leur rébellion ne peut pas bloquer le respect des contrats passes avec les producteurs et partenaires.
Alors, il s’enferme avec le mal aimé Madilu qu’il soumet à un travail intense de réajustement de la voix pour lui donner un cachet propre, auquel celui-ci s’astreint avec zèle.
Sur le plan discographique, le résultat est saisissant avec le l’arguage des albums aux titres-cultes comme « Non », Mario, « Mamou », « Oyo nini ? « sans oublier sa composition » Pesa position ».
C’est l’apothéose Lorsque Luambo Makiadi revient au pays avec sa troupe en 1986, Madilu est au summum de la gloire. A la télévision comme en concerts, il est réclame puis qu’adulé.
« Melesi bapesaka na mbwa confirme l’envol. De retour en Europe depuis bien longtemps et après avoir honoré quelques contrats, Luambo Makiadi meurt le jeudi 12 octobre 1989 à Namur, en Belgique.
Le rapatriement de sa dépouille, deux jours plus tard, est marqué par l’absence, entre autres, de Madilu. Les commentaires vont bon train dans tous les sens.
Quand il débarque à Kinshasa plusieurs semaines après, il retrouve néanmoins les autres membres du TP OK Jazz avec lesquels il livre quelques concerts, après la levée du deuil.
La danse « Mayeno » sert de support aux chansons « Voisin », « Eau bénite », Dathy Pétrole, « Cabinet. Molili », « Diarrhée verbale », « Hommage à Luambo », « Magali », « Ofela ». Mais, entre la famille biologique du défunt et les composants de l’orchestre, surgit un désaccord sur le pourcentage à se partager entre les deux parties.
La majorité, si pas tous les musiciens conviennent avec Simaro Lutumba Ndomanueno pour monter Bana OK en prenant leurs distances du TP OK Jazz. Approché pour remonter le légendaire ensemble musical, Madilu préfère entamer une carrière en solo d’ou naissent « Ya Jean », « Frère Edouard ».
Toutefois, pour agrémenter les manifestations auxquelles il est convié, ici comme en dehors des frontières nationales, la nécessité d’avoir un groupe d’accompagnement s’impose et il la baptise simplement Madilu System.
Parallèlement, avec le concours des musiciens de studio en Europe, il enregistre « L’eau Yaya ou Saint Paul . Le titre qui accroche le plus est lancé fin 2005 « Juste un peu d’amour. En bon blagueur jean de Dieu Bialu Madilu termine naturellement sa trajectoire avec la chanson « Bonne humeur qui sera sur le marché dans les prochains jours.
(Milor/BT/PKF)
Uhuru
04 novembre 2008
JP-BUSE pour Madilu System ( Témoignage)
Ce blog est mon oeuvre pour rendre hommage à notre grand frère et ami MADILU System. Mon souhait est que son " oeuvre musicale" soit, à jamais, une source de méditation pour l'humanité.
Papa Madilu avait ses bons et ses mauvais cotés; Nul n'est parfait sur cette terre. Si nous sommes ce que nous sommes, c'est par la grâce de Dieu. Il nous a quitté, faisons fi des critiques et polémiques sans fondement.
A 1989, Je fais sa connaissance à Bruxelles chez son neveu ADDO Futila, qui est un de mes amis que j'ai immortalisé dans les chansons du groupe Zaiko Langa Langa dont je faisais partie.
Madilu avait un grand coeur et était humble.
Les bons souvenirs que je garde de lui, c'est son premier voyage au Canada au mois de Décembre 1997.On n'avait passé des moments agréables au restaurant de l' hotel Queen Elizabeth de Montreal: l'invitation était de monsieur Etienne Mundele. Pendant deux heures et avec bonne humeur, Madilu nous parlera de sa vie ainsi que celle de son défunt patron Luambo Makiadi; il nous détendra, de temps en temps avec des plaisanteries...un bon amuseur au fait.
Après le repas, Madilu m'invitera à l'accompagner au chant dans sa tournée. C'étais deux ans avant ma reconversion à la musique chretienne.
Dans ma vie d'artiste chanteur-compositeur et interprete, j'ai eu l'honneur de chanter avec des grands noms de la musique Congolaise moderne tels que Le vieux Madiata, L'icone Rochereau Tabu Ley, Luambo Makiadi, Ntesa Dalienst, Dindo Yogo, Bimi Ombale, Evoloko Jocker, Papa Wemba, Kanda Bongo Man, Koffi Olomide, Werason, JB Mpiana, Blaise Bula, Adolphe Dominguez, Nyoka Longo, Malage de Lugendo, Bozi Boziana, Kester Emeneya, Yenga Yenga Junior , Canta Nyboma, Shimita, Djeffard Lukombo, Adamo Ekula ect...chacun de ces chanteurs m'a inspiré d'une manière ou d'une autre en contribuant à mon epanouissement en tant que chanteur interprète. Je les remercie cordialement et bénis le seigneur. Avec Madilu System et Canta Nyboma s'était une experience complémentaire que je n'oublierai jamais: ils m'avaient appris des nouvelles approches d'harmonie et certains trucs pour apprivoiser ma voix...en somme ils m'avaient communiquer leurs experiences musicales dans un esprit de fraternité.
Une fois de plus, je souhaite mes condoléances à sa famille biologique ainsi qu'aux mélomanes de la planète terre.
Que son âme repose en paix.
JP-BUSE
http://www.frerejpbuse.afrikblog.com
http:www.famillebuse.afrikblog.com
Ci dessus photo d'archive de JP-BUSE prise au Canada ( 2007 )
VOS CONDOLEANCES
elvismali@yahoo.fr
Elvis Maliyabwana depuis l'Ukraine présente ses condoléances à la famille Madilu ainsi qu'à tous les
artistes Musiciens du Congo Que son âme repose en paix et que le tout puissant soit le grand consolateur de tout les artistes des 2 Congo.
Tres Cordialement Elvis M
Le décès de Madilu, un coup dur.
C'est un regret de perdre une fois de plus un artiste de talent dont le style et la voix sont irremplaçable a l'instar de ceux qui l'ont précédé come Joe Mpoyi, Dalienst Ntesa, Bavon, Franco, Espérant, Dindo (que son fils n'imite pas parfaitement), les Frères Soki et Madiata. Notre pays est entrain de perdre des talentueux. Ils partent, mais les œuvres restent. Qui a notre ministère de culture de pouvoir développer une politique pour la sauvegarde des archives musicales qui un jour vont permettre de construire un grand musée de la musique Congolaise. Aussi que la SONECA fasse son travail avec sérieux pour que les veuves et les orphelins que laissent ces valeureux artistes puissent survivre des droits d'auteurs qui continuent a fluer les caisses de cette institution.
La dernière fois que j'ai vu Madilu c'était à Raleigh ou il nous avait fait danser avec Nyboma sous l'animation de Papy Tshiyoyo.
La Communauté artistique du pays vient de perdre une de ses figures emblématiques ; à ce faire, a mon nom personnel et à celui de toute la Communauté Congolaise de Charlotte (ad. i), je présente mes condoléances les plus attristées à Maman Biya, les enfants Madilu, la famille Madilu et à l' Association des Musiciens du Congo dirigée par Verckys Kiamwangana.
Bernard Manseka
edizola@msn.com
Je présente mes condoléances à la famille de Madilu ainsi qu'à tous les musiciens congolais. Que son âme répose en paix . Grâce à la magie de la télévision, il nous accompagnera toujours.
Bruno Mambulu
Fresnes/ France
Mes condoléances les plus emues à la famille du disparu. J'ai eu l'occasion de le rencontrer à Bruxelles et nous avions passé de bons moments ensemble avec Mangobo et d'autres amis. Systeme avait un systeme de jeu mais il est parti avec. Que le Bon Dieu garde son ame et qu'il repose en paix.
Raphael Ngoma Tsasa
19, Shetland Road
Miles Platting
Manchester
M40 7JB
raphaeltsasa@yahoo.co.uk
Pasteur JOSE Onokoko et sa chere epouse ainsi toute la famille del” EGLISE CHEMIN DE LA VICTOIRE presentent a la famille de Frere Madilu ses condoleances. MERCI!
Past. JOSE.Onokoko and family
Canada Toronto
sonokk@hotmail.com
Nos condoléances à la famille MADILU ainsi qu'a tous les congolais, Nous disons merci a Dieu par ce qu'il a permis que sa soit ainsi .
Robert Mangongo
rmangongo@carolina.rr.com
North Carolina, U.S.A
Mes condoléances à la famille Madilu. Que son âme repose en paix.
kembela ngoma
C'est vraiment dure mais nous n'en pouvons rien c'est le destin de Dieu. cela ne concerne pas seulement la classe musicale congolaise c'est une affaire de tous les congolais c'est pourquoi depuis Capetown en afrique du sud je présente mes condoléances à maman Biya madilu, la famille madilu,toute la famille musicale congolaise et de partout dans le monde ainsi que toute la population congolaise. Que l'ame de notre bien aimé JEAN BIALU MADILU (Ya Jean) repose en paix.
Il n'ya de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes par lequel nous devions etre sauvés. ( Si ce n'est celui de JESUS CRHIST ) ACTES 4: 12
Guy Imbala
indiomyam@yahoo.fr
Cher Bana O.K, Dans le grand malheur qui vous frappe, je place ma tristesse aupres de la votre. Sinceres Condoleances.
Je présente mes condoléances à la famille du grand ninja ainsi qu'à tous les musiciens congolais. Que sonâme répose en paix . Grâce à la magie de la télévision, il nous accompagnera toujours .
THYTHY Tshibuayi Musangila
Lyon/France
arthurmbo@yahoo.fr
La famille FELIX MALUNDA ainsi que tous les fans de MADILU SYSTEMS de TOULOUSE ont appris avec consternation la mort brutale de leur idole Madilu System. Tous plongeons dans une émotion profonde; nos pensées vont vers son épouse, maman MBIYA, ses enfants, sa famille, les artistes musiciens congolais à qui nous présentons toutes nos condoléances les plus attristées.
FELIX MALUNDA
/ TOULOUSE
malunda@wanadoo.fr
Je viens par la présente auprès de vous pour présenter mes condoléances
à la famille du défunt qui se trouve dans votre adresse au nom de Madilu system
ainsi qu'à tous ses collaborateurs.
Vous savez en tant que serviteur de Dieu, je dirai à tous les membres de sa famille, tous les congolais, ainsi qu'à tous ses musiciens de ne plus se soucier de la mort de ce Grand Papa car c'est notre chemin. Nous allons tous partir où il est et non lui va se retourner ou nous sommes dit le roi David.
Ev: Blaise Beloko
Republique Sud africaine.
oliviachimombe@yahoo.com
Mes sincères condoléances à la famille de Madilu Multi.
Ce n'est pas parce que l'homme est mort qu'il est devenu bon comme le font plusieurs géants mais chez Madilu une chose est vraie, sans polémique, il n'avait aucun problème au géants et a toujours conseiller ses collègues comme Papa chéri et les autres. Donc en conclusion, Multi est un exemple a suivre pas comme les autres qui essaye de destabiliser les groupes d'autruis en les Volant de musiciens.
C'est avec beaucoup d'émotion et des regrets que je viens d'apprendre la mort du grand Ninja : MADILU System. La disparition brutale de ce chanteur, auteur-compositeur, nous plonge tous dans un émoi profond. C'est ainsi que mes pensées se tournent vers son épouse, madame BIYA, ses enfants, sa jeune sœur MADO BIALU (épouse de mon collègue SANS SOUCI), tous les membres de sa famille biologique, et aussi, vers la grande famille des artistes musiciens de notre pays a qui je présente mes condoléances les plus attristes. Que l'âme de "Ya JEAN" (Beau-frère) se repose en paix dans la terre de nos ancêtres.
Guillain MESSA "Bonbon-Fifi"
Artiste Comédien Raleigh,
Caroline du Nord / USA
fibonbonfi@yahoo.com
PASI PE MAWA NA KO BUNGISA LISUSU UN GRAND HOMME MADILU SYSTEM… HERITIER YA RYTHM DE FRANCO LUAMBO. COMME FAN NA YE PE PURE VIEUX NA NGA DE CONNAINCE. MES CONDOLEANCES A TOUTE LA FAMILLE BIOLOGIQUE ET MUSICALE DU RDC. MERE BIYA COURAGE ET CONTINIER LA CONDUITE DE LA FAMILLE AVEC L AIDE DU SEIGNEUR… QUE TON AME REPOSE EN PAIX !!!!!!!
FREDDY KALUNGA
USA
kgarcia@rti.org
Portrait d'un chanteur-amuseur de renom, Madilu System
Jean de Dieu Bialu était un bout-en-train. Un amuseur hors pair qui savait détendre par de petits récits. Avec lui, l'ennui n'était presque jamais au rendez-vous. Aux lieux de regroupement ou en voyage, ses facéties meublaient le temps du groupe. Cette faculté lui permettait l'aisance de posture quel que soit le nombre de personnes autour de lui. Ainsi, il était entré dans le monde d'Orphée où il s'était introduit comme chanteur. Il entame, en effet, la carrière musicale sous la férule de Papa Noël Nedule avec l'orchestre Bamboula qui se disloque après sa participation à un festival international. L'occasion d'exercer pleinement son métier s'offre près de l'actuel marché Mariano, dans les environs de la rue Yakata, dans la commune de Ngiri-Ngiri, où habite Yonsa Taluki dont les violons ne se sont pas accordés avec Seskain Molenga, créateur de l'orchestre Bakuba ayant en vedette le gros Jean Kabasele Yampanya alias Pépé Kallé qui explose dans le tube " Nazoki ".
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Bialu Madilu Makiese est, avec un autre chanteur, Pindu Pères, aux côtés du soliste Yonsa pour former l'ensemble Bakuba auquel, pour le distinguer, sont ajoutées les lettres initiales des noms du trio Madilu - Yonsa - Pindu pour donner le sigle MAYOPI, Bakuba Mayopi. " Zene " couronne leur union et bouscule les hit-parades. Madilu dont les trémolos de la voix ressemblent étrangement à ceux de Pépé Kalé, se révèle auprès des mélomanes.
Cependant, des problèmes de marketing et surtout de leadership se posent au point de provoquer la dislocation du jeune groupe. Madilu Bialu qui prend le nom de Père Zikalpens s'en va monter son propre ensemble appelé Pamba-Pamba avec lequel il lance la chanson " Madilu System" sous le label de la nouvelle maison d'édition de Maxime Soki Vangu, responsable numéro 1 de l'orchestre Bella-Bella.
Gérer son petit monde s'avère très difficile tant et si bien qu'il opte pour une embauche dans l'orchestre International Afrisa de son idole, Pascal Sinamoya Tabu Ley. Au bar Type Ka, dans le prolongement de la piste d'atterrissage de l'aéroport de Ndolo, dans la commune de Kinshasa, ses apparitions passent néanmoins inaperçues.
Il est alors aperçu, en 1979, au music-hall Un-Deux-Trois, dans la commune de Kasa-Vubu, où il est attiré par le " grand maquisard " Daniel Ntesa Nzitani dit Dalienst qui officie dans l'autre grande école qu'est le Tout Puissant OK Jazz du " grand maître " Luambo Makiadi Lokanga La Ndju Pene Franco. La ligne d'attaque et composée des monstres sacrés tels que Dalienst, bien sûr, Josky Kiambukuta Londa, Pépé Ndombe Opetum, Jo Mpoy, Blaise Pascal Wuta Mayi et même Diato Lukoki, Lokombe. Y avoir une place exige énormément de patience, de persévérance et même de chance d'autant moins que le patron ne croit ni à son esprit d'initiative, ni à son talent en lui collant simplement l'étiquette d'imitateur de Pépé Kallé.
D'ailleurs, quand il s'agit des voyages importants pour lesquels il faut réduire l'équipe, le critère d'indispensabilité plaide toujours en défaveur de Madilu. En 1983, après moult atermoiements, Bialu Madilu est retenu en dernière minute dans la délégation du TP OK Jazz invitée pour une tournée en Europe.
A quelque chose malheur est bon, dit-on. Il arrive que les titulaires au chant entrent en froid avec Luambo Makiadi sur leurs droits après plusieurs productions. La réaction de celui-ci est de leur prouver que leur rébellion ne peut pas bloquer le respect des contrats passés avec les producteurs et partenaires. Alors, il s'enferme avec le mal aimé Madilu qu'il soumet à un travail intense de réajustement de la voix pour lui donner un cachet propre, auquel celui-ci s'astreint ave zèle.
Sur le plan discographique, le résultat est saisissant avec le larguage des albums aux titres-cultes comme " Non ", " Mario ", " Mamou ", " Oyo nini ? " sans oublier sa composition " Pesa position ". C'est l'apothéose ! Lorsque Luambo Makiadi revient au pays avec sa troupe en 1986, Madilu est au summum de la gloire. A la télévision comme en concerts, il est réclamé puisqu'adulé. " Melesi bapesaka na mbwa " confirme l'envol. De retour en Europe depuis bien longtemps et après avoir honoré quelques contrats, Luambo Makiadi meurt le jeudi 12 octobre 1989 à Namur, en Belgique. Le rapatriement de sa dépouille, deux jours plus tard, est marqué par l'absence, entre autres, de Madilu. Les commentaires vont dans tous les sens.
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Quand il débarque à Kinshasa plusieurs semaines après, il retrouve néanmoins les autres membres du TP OK Jazz avec lesquels il livre quelques concerts, après la levée du deuil. La danse " mayeno " sert de support aux chansons " Voisin ", " Eau bénite ", Dathy Pétrole ", " Cabinet Molili ", " Diarrhée verbale ", " Hommage à Luambo ", " Magali ", " Ofela ". Mais, entre la famille biologique du défunt et les composants de l'orchestre, surgit un désaccord sur le pourcentage à se partager entre les deux parties. La majorité, si pas tous les musiciens conviennent avec Simaro Lutumba Ndomanueno pour monter Bana OK en prenant leurs distances du TP OK Jazz. Approché pour remonter le légendaire ensemble musical, Madilu préfère entamer une carrière en solo d'où naissent " Ya Jean ", " Frère Edouard ".
Toutefois, pour agrémenter les manifestations auxquelles il est convié, ici comme en dehors des frontières nationales, la nécessité d'avoir un groupe d'accompagnement s'impose et il le baptise simplement Madilu System. Parallèlement, avec le concours des musiciens de studio en Europe, il enregistre " L'eau ", " Yaya ou Saint Paul ". Le titre qui accroche le plus est lancé fin 2005 : " Juste un peu d'amour ". En bon blagueur, Jean de Dieu Bialu Madilu termine naturellement sa trajectoire avec la chanson " Bonne humeur qui sera sur le marché dans les prochains jours. Il a tiré sa révérence le samedi 11 août 2007 aux Cliniques universitaires du Mont-Amba, à l'âge de 57 ans. Adieu l'artiste !
Siki Ntetani Mbemba>
Kinshasa, 17/08/2007
16 juin 2008
Papy Tex : « Pépé Kallé avait donné 500 dollars à Madilu pour qu’il monte son orchestre »
jeudi 16 août 2007 Bazakana Bayete (pour AEM ), Paris

Madilu System entouré de ses filles Amanda et Magalie et de Samyto Mukubwa. Photo prise avant son premier concert à LSC, Paris St Denis, en juillet 2002
Dans « Flash » le dernier album de Papy Tex, Madilu avait interprété avec lui en duo la chanson « Bomoyi ya moto » qui évoque la mort. Une chanson prémonitoire, dira-t-on aujourd’hui, dans laquelle l’auteur dit notamment : « Bomoyi ya moto ezali lokola milinga ya likaya » qu’on pourrait traduire en « Ainsi s’éteignent des vies comme la fumée d’une cigarette qui s’évanouit dans l’atmosphère ».
Très affecté et un brin fataliste, Papy Tex rappelle les liens très forts qui existaient entre Madilu, Pépé Kallé et lui :
« Madilu je l’avais connu sous le nom de Jean de Dieu Bialu au sein de l’orchestre "Bamboula" de Papa Noel Nedule. À l’époque, il voulait absolument chanter comme Sam Mangwana qui était son idole. Après notre départ de l’orchestre Bamboula, nous nous sommes séparés mais on continuait à s’appeler « ndoyi » (homonymes), parce que lui, Pépé Kallé et moi nous portions le même prénom de Jean : Jean Bialu, Jean Kallé et Jean Dode. Les liens qui nous unissaient étaient tellement forts et lui voulait absolument rester avec nous qu’il se mit à imiter la voix de Pépé Kallé au lieu de celle de Sam Mangwana »
« Même si lui a fait l’essentiel de sa carrière au sein du Tout Puissant OK Jazz, nous sommes restés très proches. C’est ainsi que quand je faillis perdre mes jambes dans un accident de circulation en Belgique, il fut le seul musicien de passage ou installé en Europe, avec José Kapesa (de la maison de production Casa Tropicale musica ndlr) qui me rendait visite. Et quand il a été congédié de l’OK Jazz, il est allé demander conseil à Pépé Kallé qui lui recommanda de monter son propre orchestre et lui remit 500 dollars pour faire face aux premières dépenses. C’est Madilu lui-même qui m’avait informé de cela ».
« Avec tous ses proches que j’ai perdus, je rejoins Koffi Olomide quand il dit dans la chanson "Dieu voit tout" : "La vie c’est rien" ».|Propos recueillis par Bazakana Bayete (AEM)
08 mai 2008
Les dernières oeuvres de Madilu
La photo ci dessus: Madilu System et ses danseuses ( Orleans)
Kinshasa, 08/05/2008 / Musique
On peut simple ment regretter que l’opé rateur économique séné galais se soit empressé de sortir « Dernière volon té » au premier semestre de cette année.Les méloma nes ne se sont pas en core lassés d’audition ner « Bonne humeur » de Madilu, sorti l’année passée, que Syllart Pro duction vient de larguer d’autres nouveautés de cette star. Ces oeuvres inédites ont pour titres, « Ingratitude », « Mon cas » « NesNes » et « Mère Eve ». Madilu avait retiré de « Bonne humeur » les quatre titres cites ci-haut alors que les clips étaient déjà tournés. « Syllart Production », l’éditeur de « Bonne humeur » s’est décidé à éditer ces qua tre chansons en ajoutant quelques vieilleries.
Les quelles ont pour titres : « Franco de Mi Amor », « Co lonisation », « Voisin », « Si je savais ça », « Juste un peu d’amour », etc. Le nouveau disque de Madilu édité par le producteur sénéga lais comporte 14 titres. II l’a titré « Dernière volonté ».
On peut simple ment regretter que l’opé rateur économique séné galais se soit empressé de sortir « Dernière volon té » au premier semestre de cette année. « Bonne humeur » et « Dernière volonté » vont probable ment se télescoper. Com me. « Dernière volonté » comporte 14 titres, Syllart Production a mis à la por tée du public un coffret, c’est-à-dire un support contenant des CD et des DVD. Dix chansons sont en CD et quatre en DVD.
(Milor)
Jean-Pierre Nkutu/Le Phare
Source : DigitalCongo.net
15 janvier 2008
JP-BUSE, Madilu System, Danos Canta Nyboma et Lokassa ya mbongo à Toronto ( Capitale économique du Canada)
Photo d'archive du concert de MADILU à Toronto (Janvier 1998) : De gauche à droite
JP-BUSE (ex chanteur tenor de Zaiko L.L.), MADILU multi-système , DANOS CANTA NYBOMA et LOKASSA YA MBONGO
25 septembre 2007
Kanta Nyboma : "Voici pourquoi notre musique demeure dans le ghetto"!

Ci-dessus le groupe KEKELE: de gauche a droite Blaise Wuta Mayi, Danos Canta Nyboma, Loko Masengo Djeskain et LAPITO
Dans une interview exclusive à Visa
La disparition inopinée du chanteur Madilu System a amené à Kinshasa une autre grande voix de la chanson congolaise connue pour sa complicité, au plan artistique s’entend, avec le Grand Ninja. Il s’agit de Nyboma Mwan’Dido, Danos Canta de son nom d’artiste, arrangeur de « Bonne humeur », le dernier album de Madilu System et de plusieurs succès antérieurs du défunt.
Nyboma a fait la pluie et le beau temps au sein des orchestres Bella-Bella, Lipua-Lipua et autres Kamale. Il a par la suite crevé l’écran avec des chansons telles que « Doublé Doublé », « Asso » réalisées en Afrique de l’Ouest. Avant de s’établir en Europe, où il vit depuis plus d’une décennie.
Ses duos avec feu Pépé Kallé et avec Madilu sont parmi les meilleurs de la musique congolaise. Sa voix est une véritable parure pour les chansons qu’il interprète et son expérience dans la musique, une richesse.
C’est ce chanteur que Visa a abordé pour ses chers lecteurs.
Visa : Vous avez fait le déplacement de Kinshasa pour assister aux obsèques de Madilu System. Y a-t-il une explication particulière à cela ?
Nyboma Danos Canta : En Europe, les musiciens s’étaient organisés et ont fait des veillées pour rendre hommage à Madilu System. Ils ont fait un concert spécial vendredi en mémoire de Madilu.
Moi, j’ai tenu à rendre hommage à mon ami et frère Madilu en descendant à Kinshasa. Si je n’étais pas venu, ça n’allait pas être bien. Parce qu’il y a peu, j’avais été à Kinshasa avec lui pour la deuxième partie de l’enregistrement de son album « Bonne humeur ». Je suis ensuite reparti pour Paris en vue du mixage de cet album tandis que lui est resté pour faire les clips. Malheureusement, Dieu l’a rappelé à Lui. J’ai donc décidé de revenir à Kinshasa pour les obsèques.
Madilu était artistiquement mon complice. C’est moi qui arangeais ses chansons.
Visa : Quel souvenir gardez-vous de Madilu ?
N.D.C. : Madilu, c’était un grand chanteur, en même temps humoriste et un comédien, dans le bon sens du terme.
Ses chansons reflétaient la vie quotidienne de tout le monde. Madilu, c’était aussi mon idole. Je l’admirais beaucoup.
En tant quie chanteur, si vous confiez une chanson à interpréter à Madilu, il se l’approprie, l’intériorise de manière à restituer le message avec brio, de façon saisissante. Il savait habiller les chansons qu’on lui donnait d’interpréter. Il avait ce talent, cette intelligence dans la musique.
Visa : Comment se porte votre groupe multiracial Kekele basé en France ?
N.D.C. : Il se porte très, très bien. Là, on est en vacances. On va reprendre le 17 octobre pour une tournée en Angleterre, qui va jusqu’au 28 du même mois. Dernièrement, nous avons été au Fespam, à Brazzaville.
Visa : Pouvez-vous rappeler les musiciens qui jouent avec vous ?
N.D.C. : Il y a moi-même, Wuta Mayi, Siran Mbenza, Loko Massengo, Djeskain, Bimba Massa, Fofo le Collégien, Komba Bela, Djoudjouché, le vieux Deba qui fait les congas. Notre bassiste est un européen, M. Vincent ; l’accordéoniste, c’est Viviane. Elle est de nationalité française.
Visa : Votre ambition en créant le groupe Kekele était de redonner ses lettres de noblesse à la rumba. Cet objectif est-il atteint aujourd’hui ?
N.D.C. : On peut dire oui. Vous constaterez, par exemple, l’engouement des jeunes pour la rumba. Dans leurs albums, désormais, il y a au moins trois rumba. Voyez aussi le succès que connaissent ces chansons.
Visa : Par rapport à la grande époque de vos groupes Bella-Bella et Lipua-Lipua à côté des Grands Maquisards et autres, comment de par votre formation d’arrangeur jugez-vous la musique produite aujourd’hui par les jeunes ?
N.D.C. : C’est pas mal ce que font les jeunes. Moi, je les admire beaucoup.
Est-il qu’à notre époque, chaque groupe avait son originalité, même quand on était de la même école. Il y avait beaucoup de styles. Les Grands Maquisards, Bella-Bella, Lipua-Lipua, pour ne citer que ces groupes, avaient chacun leur style. Quand vous allez chez mon "grand-frère" Jeannot Bombenga avec son orchestre, il a son style.
Par contre, les jeunes d’aujourd’hui, leur façon de jouer, c’est pareil. On les distingue quand on entend la voix du chanteur. Musicalement, c’est pareil.
Voilà la grande différence entre notre époque et celle d’aujourd’hui.
Visa : Des voix n’arrêtent pas d’affirmer que la musique congolaise n’évolue pas, qu’elle demeure dans le ghetto. Qu’en dites-vous au regard de votre long séjour en Europe ?
N.D.C. : Oui, j’affirme que notre musique est toujours dans le ghetto. Pourquoi ? En effet, avant de faire une chanson qui puisse passer dans les médias internationaux, il y a des structures. Mais, la musique congolaise ne respecte pas les structures qui peuvent passer dans les médias internationaux.
Par exemple, pour ces médias internationaux, une chanson devrait avoir une durée de quelque 3 minutes. Mais, nos jeunes ne peuvent pas observer cette durée. Leurs chansons, c’est 7, 8, 10 voire 15 minutes.
Visa : Franco en avait une qui durait 21 minutes…
N.D.C. : Voilà ! De telles chansons ne peuvent pas passer dans les médias internationaux. On est toujours dans le ghetto.
Visa : En tant qu’arrangeur, ne comptez-vous pas un jour rentrer au pays pour faire partager à la jeunesse votre expérience accumulée en Europe ?
N.D.C. : C’est un projet qui me tient à cœur. Je l’ai toujours envisagé. Vous en découvrirez les détails en temps opportun.
Visa : L’Europe est présentée comme le cimetière de nos musiciens qui s’y établissent. Ils sont finalement coupés de leur public congolais, qui finit par les oublier. Vous-même n’éprouvez-vous pas de la nostalgie pour vos années Bella-Bella ou Lipua-Lipua que vous avez connues au pays ?
N.D.C. : Oui, la nostalgie, ça ne manque pas. Qu’on affirme que l’Europe, c’est un un grand cimetière pour nos musiciens qui s’y établissent, moi, je ne vois pas les choses comme ça. Parce qu’en Europe, on a une autre structure, là-bas. Ou tu fais la musique, ou tu travailles c’est-à-dire, tu fais autre chose que la musique pour vivre.
Ceux qui ont choisi de poursuivre leur carrière de musicien, le public les connaît toujours. Vous connaissez le cas de Papa Wemba pour ne citer que lui. Nous, le groupe Kekele, on continue de faire la musique.
Mais, il y a ceux qui ont changé de métier. Ils font autre chose que la musique pour vivre. On ne peut pas les obliger à revenir à la musique. C’est leur problème.
Dans notre cas, nous venons de temps en temps au pays pour faire la promotion de nos œuvres et pour qu’on ne soient pas oubliés. Notre musique, sa source, elle est ici au pays. Nous sommes obligés de revenir nous ressourcer ici.
Visa : La tendance, depuis quelque temps, dans les groupes les plus connus du pays est au départ de quelques musiciens pour une carrière solo. Avez-vous un commentaire à ce sujet ?
N.D.C. : Il faut dire que quand un enfant a grandi, il doit quitter le toit parental pour voler de ses propres ailes.
Seulement, je dois avouer que dans le cas des musiciens qui partent comme ça, cela fait quand même mal au cœur. Parce qu’il s’agit de musiciens dont leurs leaders ont réussi à faire des vedettes, des stars pour que cela profite à leurs groupes. C’est un peu comme un investissement qui va à l’eau. Ca fait mal mais, le musicien n’est pas obligé de rester.
Visa : Pour revenir à votre groupe Kekele, il n’est pas très présent sur le marché congolais du disque malgré la demande des mélomanes. Est-ce à dire que votre producteur ou vous-même négligez ce marché congolais ?
N.D.C. : Vous savez, nous, on est des artistes, on fait notre travail d’artistes. Au producteur de faire le sien.
Si le producteur ne suit pas, c’est là qu’il y a une rupture. Moi, j’ai eu à descendre précédemment à Kinshasa pour la promotion de notre groupe. C’était au producteur d’envoyer par la suite nos œuvres au pays. C’est une question qu’à mon retour en France, je vais voir avec notre producteur.
Visa : Votre mot de la fin ?
N.D.C. : Je suis vraiment triste de la mort de mon ami Madilu. C’est le chemin de tout le monde. Je prêche l’amour entre les familles paternelle et maternelle de Madilu, sa veuve et les enfants qu’il a laissés. Qu’ils s’unissent et honorent la mémoire du défunt.
Propos recueillis par Kale Ntondo/VISA
05 septembre 2007
31 août 2007
Congo-Kinshasa: Madilu Dies in Kinshasa
The Nation (Nairobi)
12 August 2007
Posted to the web 13 August 2007
Amos Ngaira
Nairobi
Veteran Congolese musician Madilu Bialu System is dead. Madilu who was among the kingpins of the legendary TP OK Jazz band led by the late Franco Luanzo Makiadi in the 1980s died yesterday morning at a hospital in Kinshasa.
According to Robert Osano, a Kenyan living in Kinshasa who spoke to Sunday Nation yesterday, initial reports indicated that the Congolese musician died shortly after being admitted at a Kinshasa hospital complaining of fatigue and neck pains.
However he reportedly collapsed and died as the medical personnel were making frantic efforts to revive him at a hospital in Kinshasa.
"The Congolese President, Mr Joseph Kabila while in declaring national mourning for Madilu has already arranged to have his body moved from the University Clinic where he died to the Ngaliema," said Mr Osano.
Suspended activities
The International show of Kinshasa which is going on, has suspended all music activities which would have been performed by most Congolese leading artistes among them Papa Wemba, Koffi Olomide, JB Mpiana, Werra son, Bill Clinton until further notice.
"He had been alright and was last seen on Wednesday practising with his band but complained of fatigue. He however became worse on Friday night and was rushed to hospital at 01.00 a.m. (DRC time) but by the time he was taken to hospital he was partially paralysed," Osano added.
Since the news of his death, most Congolese radio stations have been playing his music.
Also according to Osano most of the leading musicians have already appeared on TV paying homage to the fallen music star.
Madilu who was arguably one of the best composers in DRC will be remembered for some of his compositions while with TP OK Jazz. Some of these are Pesa Position while he did the lead vocals on some of the popular TP PK Jazz songs like Mamou, Non and Makambo Ezali Minene.
However, most of his fans will remember his duets with the great Franco which featured in many memorable songs.
After an almost ten-year singing career initially with Bakuba Mayopi and other groups, Madilu joined TOP OK Jazz in the early 1980s where he set the record as one of the first to have the honour of introducing himself on a song.
This notable introduction by Madilu was on the song Non which was off the 1983 album Chez Fabrice.
To most fans of TP OK Jazz, Madilu also came off well on Tu Vois (Mamou) a humorous song depicting a conversation between two women; a divorcee with children and her friend Mamou, a married woman who she accuses of trying to break up her marriage.
Many of Madilu's fans will remember how in the song, Madilu played the criticising and satirical role of Mamou who had accused her friend of "being a prostitute" yet she was infact the one using her friend to cover up her immoral acts.
Some of his contemporaries while with the group include singers Josky Kiambukuta, late Ntesa Dalienst, Papa Noelle, the late Djo Mpoyi, Mpudi Decca, Ndombe Opetum, among others.
After the death of Franco he parted ways with his colleagues and went solo. He later released solo albums such as Sans Commentaire L'eau, Bonheur" and Pouvoir.
His former colleagues teamed up to form the Kinshasa based Bana OK band under the leadership of Lutumba Simaro Massiya.
Madilu's Kenyans fans will recall how in 1985 he was in Mombasa for a private wedding to a Swiss wife.
She was much older but Madilu insisted that he loved her and age had nothing to do with it.
He had also severally toured Kenya and Tanzania both with TP OK Jazz and his own band for a series of shows.
Back home in Kinshasa, Madilu has left his Congolese wife, Mama Biya with four children.
Notably also in recent years Madilu had been shifting in performances between Europe and Kinshasa.
In Paris, he has recorded with other leading artistes like Nyboma Mwandido, Lokasa ya Mbongo, Dally Kimoko, Nguma Lokito and ace solo guitarist Rigo Star.
In the recent past, Madilu had been keeping a back band in Kinshasa after relocating from Paris to Kinshasa.
25 août 2007
Les dernières réactions reçues par Digitalcongo suite au décès de Madilu
Kinshasa, 24/08/2007 / MusiqueAvec la publication de ces messages, Digitalcongo referme définitivement cette page des réactions de ses lecteurs au sujet de la mort de Madilu. Madilu qui est mort le samedi 11 août a été inhumé le 22 du même mois. Digitalcongo.net qui a ouvert pour ses lecteurs une page spéciale dans laquelle ceux-ci ont réagi à propos de cet événement la referme en exploitant les derniers messages ci- dessus.
Aimé Kiwakana fils, Amado kiala : " C'est un père qui me conseillait beaucoup »
Mes condoléances à la famille du Défunt. Il est triste de perdre un être cher, même si on parle de la mort comme une délivrance...Un trou, un vide dans notre vie de perdre un parent, même si la nature est ainsi faite ... Mais pour retrouver le sourire, pour combler ce trou béant .. il y a les amis .. . Nous sommes de tout coeur avec vous. Pour moi Madilu système c'est un père qui me conseillait beaucoup, et c'était la personne qui m’a fait connaître certaines choses, après le décès de mon père. Je dirais qu’il est parti mais ses oeuvres resteront toujours parmi nous. (Aimé Kiwakana fils" amado_k@hotmail.com)
Biya chante : « Vraiment, je suis touché par sa mort »
Je présente mes condoléances à la famille de Madilu Système , à tous les artistes musiciens de la Rdc , à tous ceux qui aiment la bonne musique. Vraiment, je suis touché par sa mort. Il qui était l'un des grands compositeurs et grands chanteurs. Que son âme repose en paix. (Biya chante, ancien musicien de l'Empire Bakuba jean kiasungua" <jeankiansiona@yahoo.fr> )
Auguy Ibanga : « Conjuguer Madilu au passé »
Cher frère, oyebi que ezo sala mawa, lelo oyo tokomi kolobela Vieux Madilu na temps passé. ( Cher frère tu sais que cela fait mal que nous puissions aujourd’hui conjuguer Madilu au passé). Ainsi va la vie ... De tout coeur, au nom de l'orchestre Viva la Musica et de Papa Wemba, je présente les condoléances à la famille, aux amis, aux fans et à tous ceux qui se sentent concernés par cette mort. Nous remercions aussi tous ceux qui de loin ou de près nous soutiennent pour surmonter ce dur moment. (Auguy Ibanga, pour Viva-la-Musica , "Kyabondo Deman" kyabondodeman@yahoo.fr)
Eku Kiasungua : “A jamais gravé dans nos esprits »
Il est vrai que la mort soit la fin de tout parcours humain sur cette terre des hommes, Madilu est mort mais sa voix à travers ses oeuvres grandioses, restera à jamais gravé dans nos esprits. La communauté congolaise vivant au Mozambique spécialement à Chimoio a appris avec douleur et consternation du grand Ninja, survenue aux Cliniques universitaires de Kinshasa. Raison pour laquelle au nom de cette communauté et en mon nom personnel, j'adresse les condoléances les plus attristées à la famille de l'illustre disparu et que la terre de nos ancêtres lui soit douce et agréable
(Eku Kiasungua" <ekukias@hotmail.com)
« Satisfaire les vieux et les responsables de notre pays » Bbonjour ! Je présente mes condoléances à la famille de Madilu , à toute la communauté congolaise et à tous les artistes musiciens de la Rdc. Madilu occupé une place de choix dans la musique congolaise surtout pour satisfaire les vieux et les responsables de notre pays qui aiment la rumba odemba . Que son âme repose en paix.
René Parker : «J'ai dû faire aimer sa musique à une grande partie des Camerounais car ils ne le connaissaient pas ». C'est avec tristesse que j'ai appris la mort de Madilu à travers Digital Congo. Tellement je n'y croyais pas que j'ai dû appeler mes amis de la Rdc pour m’en rassurer. Je suis abattu , j'ai connu Madilu lors de la sortie de l'album « L'Eau » au Cameroun, et depuis ce temps je n'arrête d'avoir des informations sur lui, bref j'ai dû faire aimer sa musique à une grande partie des Camerounais car ils ne le connaissaient pas avant. De ce fait je présente mes condoléances les plus attristées à sa famille, aux musiciens congolais, à tous ses fans, ceci est encore un grand coup pour l'Afrique,,,,Adios Madilu,,,,Siempre te quieremos,,,( René Parker , Madrid )
BT/MMC
24 août 2007
En marge des funérailles de Madilu...
En marge des funérailles de Madilu, le Gouverneur de la ville de Kinshasa promet la porte de la prison aux musiciens qui entretiennent la polémique dans leur corporation
Kinshasa, 24/08/2007 / Musique
André Kimbuta qui a remercié le Chef de l’Etat pour son implication dans l’organisation de ces funérailles et pour l’achat d’une maison à la famille de Madilu a promis des sanctions contre tous les musiciens qui cultivent la polémique.Le gouverneur de la ville de Kinshasa M. André Kimbuta qui s’est exprimé mardi à la paroisse Notre Dame du Congo(Ndc) a promis des poursuites judiciaires contre tout musicien qui se permettrait d’entretenir la polémique a sein de sa corporation.
« De son vivant Madilu était en bon terme avec tout les musiciens. On ne l’a jamais entendu insulter un musicien à la télévision. Sa mort doit vous interpeller et être une occasion pour vous réconcilier. Car vous musiciens vous faites la honte. Je vais arrêter tous ceux d’entre vous qui vont continuer à mal se comporter vis-à-vis de leurs collègues », a dit M. André Kimbuta.
En écoutant ces propos la cathédrale est entrée dans une très grande ambiance suite aux applaudissements et public qui en même temps s’est mis à crier : Werra, JB, Wazekwa Koffi.
C’est sur ces entrefaites que Werrason s’est levé et s’est mis à regarder son collègue JB Mpiana qui était assis derrière lui. Les deux antagonistes ( ?) se sont alors dirigés devant à l’autel pour se donner une poignée de mains, sous le regard curieux d’autres musiciens et une fois de plus sous les applaudissements très nourris.
Mais André Kimbuta n’a pas manqué de remercier le Chef de l’Etat pour son implication dans l’organisation de ces funérailles et pour l’achat d’une maison à la famille de Madilu, à l’instar de celle de Charles Mombaya. De même qu’il a adressé ses remerciements à l’Assemblée provinciale, au Gouverement de la ville de Kinshasa ainsi qu’à toutes les délégations étrangères. Ce n’est pas intéressant d’être gouverneur ans pareille circonstances. Ce n’est pas facile de compter des morts dans sa ville. Il y a moins de 60 jours on a pleuré Charles Mombaya et aujourd’hui voilà qu’un autre kinois qui part.
Mais avant le Gouverneur de la ville de Kinshasa, la parole était accordée au président de l’Umuco, M. Kiamwangana Verckys et le représentant de la famille du disparu. Kiamwangana qui n’a pas pu retenir ses larmes a lui aussi remercié le chef de l’Etat, le ministre de la Culture et des arts pour leur intervention pour l’organisation de ces obsèques. En ce qui le concerne, le représentant de la famille a retracé la biographie de l’illustre disparu.
BTMMC
La grande dimension de Madilu System
lundi 20 août 2007, NUMERO
L’actualité musicale congolaise s’est focalisée depuis plus d’une semaine sur la mort de l’artiste musicien Jean de Dieu Bialu, connu sous son nom de scène de Madilu System, survenue dans la matinée du samedi 11 août 2007, aux Cliniques Universitaires de Kinshasa. Une semaine donc vient de s’écouler depuis l’amorce de cette douloureuse épreuve tant par la crème musicale congolo-africaine que par la famille biologique du disparu. Madilu System, un artiste que nous ne verrons plus jamais mais qui, à travers ces œuvres, demeurera présent parmi nous. Un artiste ne meurt jamais dit le philosophe.
La fécondité de Grand Ninja qui, tout au long de sa vie est resté très actif, fera en sorte que nous puissions encore entendre à travers les générations, la voix rauque, ô combien captivante, de cet artiste qui entra dans le Tout Puissant Ok Jazz par la grande porte, nonobstant les peaux de bananes que certains de ses coéquipiers ont voulu jeter sur son parcours. La voix de Madilu, c’est toute une identité. Une référence sûre pour pérenniser, à l’éternité, l’œuvre orpheline de Lwambo Makiadi qui, connaissant, à temps les valeurs artistiques de ce chanteur, n’a pas hésité un seul instant de l’associer dans la poursuite de sa carrière. La première œuvre que Franco avait réalisée avec le concours vocal de Madilu s’intitule " Non ".
A travers cette chanson, l’auteur caricature une femme aux apparences répugnantes qui passe sa vie en obstruant la route qui mène au bonheur pour les belles créatures. Ensuite viendra " Mario ", une œuvre qui parle d’un gigolo qui sera suivie de " Mamou " la protectrice d’une dévergondée…
Avant de s’en aller pour l’au-delà, le Grand Maître Lwambo Franco, sachant que sa fin sur la terre des hommes justifiera aussi la fin de l’édifice " Ok Jazz ", a légué à Bialu Madilu un héritage aux dimensions incalculables. Lequel consistera pour l’artiste de n’utiliser que la marque " Madilu System " qui lui apportera bonheur et de baisser la voile sur l’entreprise " TP Ok Jazz " qui est une propriété de feu Franco de Mi Amor.
Connaissant à fond son patron, mais surtout par rapport à l’estime que ce dernier avait placé sur sa modeste personne dans un environnement où l’on comptait plusieurs grosses pointures de la chanson qui, malheureusement, de par leur orgueil, n’avaient plus la confiance du boss.
De 1968 à 2007, trente neuf années durant, Madilu System est resté sur la sellette et plusieurs œuvres auréolent son passage dans le royaume d’Orphée. Toutes ses chansons ont eu une signification toute particulière et, pourquoi pas, singulière qui le classe sur une autre ligne que celle des autres.
Des titres courts, mais très significatifs tels que " Nzele ", " Frère Edouard ", " Ya Jean ", " Magalie ", " Biya ", " L’eau ", " Pouvoir ", " Bonheur ", etc… et " Bonne humeur ", contenus dans la cinquante d’albums de Madilu se sont tous révélés des chef-d’œuvres.
Et comme l’artiste ne meurt jamais et qu’il s’immortalise à travers ses oeuvres, la mémoire de Madilu restera à jamais gravée dans l’esprit du commun des mortels qui ne cessera de parler de lui comme étant une référence sûre de la musique congolaise moderne.Décédé juste au moment où il préparait les clips de son dernier album en date intitulé " Bonne humeur", le Grand Ninja laisse à la postérité une lourde tâche.
Celle de veiller au grain sur ses droits d’auteur afin d’assurer un lendemain meilleur à sa progéniture.
Kingunza Kikim Afri
23 août 2007
Mort de Madilu : les musiciens chrétiens compatissent à la douleur de l’Umuco
Kinshasa, 21/08/2007 / Musique
L’Association des musiciens chrétiens du Congo (Amcc) a adressé un message adressé à l’Union des musiciens congolais (Amcc) suite au décès de Madilu Multi Système.L’Association des musiciens chrétiens du Congo (Amcc) compatissent avec leurs collègues dits de la musique temporelle ou typique (profane disent d’aucuns) réunis au sein de l’Union des musiciens congolais (Umuco). Dans un message adressé à son collègue (démissionnaire ?) Kiamwangana Mateta, le président de l’Amcc le pasteur Dieudonné Mushaba wa Maniema présente à ses collègues de « l’autre côté » les condoléances des membres de l’association qu’il dirige. Une véritable exhortation à la foi et d’espérance, une preuve que les deux camps (ou groupes) ne sont pas en antagonisme total comme le font croire certaines personnes mal intentionnées. C’est en tout cas c’est seulement les thèmes leurs chansons et aussi parfois la nature de leurs spectacles qui les qui constitue un fossé entre les deux catégories.
Ce message et d’autres faits sont un démenti cinglant pour ceux qui passent leur temps à juger les autres. En effet lundi à la sortie du corps de Madilu de la morgue de la Clinique Ngaliema, parmi le public on a vu aussi bien les producteurs de la musique chrétienne que des musiciens chrétiens. Ils étaient tous ensemble, se cotoyant, et s’embrassant. Le spectacle était émouvant.
Qui plus est, dans la mise en place des différentes commissions dans le cadre de ces obsèques, l’Acmco a intégré aussi quelques musiciens chrétiens dans l’organisation de ces funérailles. C’est le cas de la sœur L’Or Mbongo dont le nom figure dans la liste de la commission des finances. Il s’agit là d’un bon signe pour la collaboration qui doit exister entre ces faiseurs de l’art d’Orphée de la Rdc. Qui dit mieux.
Le message de l’Amcc
Kinshasa, le 15 août 2007
Madilu System : Le meilleur était pour la fin
Kinshasa, 22/08/2007 / Musique
Juste un peu d’amour » qui restera sans doute la meilleure chanson de Madilu. À l’école de Luambo, Madilu a appris à peindre la société sans concession, sans complaisance.Le samedi 11 août 2007, la voix de velours de Madilu System connaissait une extinction définitive. Dans une chambre des Cliniques universitaires de Kinshasa, en l’absence des éblouissants spots des scènes musicales sous lesquels il a brillé pendant des décennies, le Grand Ninja a rendu l’âme. Vaincu à priori par le diabète et l’hypertension qui l’handicapaient déjà dans ses productions.
On n’ entendra ainsi plus jamais en live, comme on dit maintenant, ce chanteur qui avec brio s’était imposé comme le dépositaire de la rumba Odemba née de l’école du Tout Puissant OK Jazz. Madilu aura été une sorte d’héritier du grand Maître Luambo Makiadi, avec cette particularité de transférer la primauté de la guitare de Franco au chant solo basé sur sa voix.
En analysant la carrière et l’œuvre discographique de Madilu, trois parties bien distinctes se dégagent : les débuts avec ce talent qui se cherchait un nid pour éclore ; l’adoption et l’intronisation par Luambo Makiadi au sein du TP OK Jazz ; et enfin, une carrière solo qui consacre un talent arrivé à maturité.
Ebloui et inspiré par Sam Mangwana
Il était écrit que Madilu ne reculerait devant rien pour faire une belle carrière dans la musique. La voix de Sam Mangwana séduit le gamin Bialu Jean de Dieu qui veut approcher la star à tout prix. Rusé, il va se lier d’amitié avec son domestique et préférera traîner au domicile du chanteur que d’aller à l’école. Dès qu’il put, il intègre différents groupes où il essaye de chanter comme son idole, et plus tard comme Pépé Kallé.
Son entregent et sa détermination vont l’amener jusqu’à l’Afrisa International de Tabu Ley qui montra très peu d’intérêt pour lui. Tabu Ley le lui montra parfois de façon blessante obligeant le jeune chanteur à aller voir ailleurs. Un ailleurs qui ne sera que du bonheur.
Luambo l’adopte et le fait roi
Réputé pour ne pas être un employeur très social, Luambo Makiadi a dû gérer difficilement les ressentiments et les velléités d’émancipation de ses talentueux chanteurs comme Ntesa Dalienst, Kiambukuta Josky, Youlou Mabiala, Wuta Mayi… Pour y faire face, il jouait souvent à les « diviser pour mieux régner ». C’est ainsi qu’il fera très vite de Madilu son chouchou, mais pas uniquement par stratégie, mais le talent du chanteur avait tôt convaincu le Grand Maître.
Plusieurs tubes vont consacrer cette collaboration particulière : « Non », « Mario », « Mamou », etc pour ne citer que ceux-là. Même Lutumba Simaro qui ne jurait que par Sam Mangwana, puis par Carlyto et Malage, finit par faire allégeance à la voix de Madilu même si, quelquefois, il lui fit des infidélités en sollicitant Pépé Kallé, comme pour la nouvelle version de sa chanson Cœur artificiel sous le titre Motema libanga. Mais quelques titres plus tard (« Eau bénite », « Ofela », « Daty Pétrole », « Merci bapesa na mbwa »…), le Poète Lutumba ne pouvait plus se passer de Madilu. Et depuis la séparation de ces deux artistes, Simaro l’un des tout meilleurs auteurs-compositeurs de la musique congolaise, n’a plus réussi un seul tube…
Tout seul et bien plus fort encore
La mort de Luambo aura été fatale à son orchestre le Tout Puissant OK Jazz. Des tiraillements entre ayants droit et les musiciens vont causer la scission du groupe avec le Bana OK mené par Lutumba, Ndombe et Josky notamment, et Madilu qui va rester fidèle à OK Jazz et à la famille de Luambo avant finalement de lancer son propre groupe.
Interprète adulé, Madilu va devoir se lancer aussi en tant qu’auteur-compositeur et responsable d’un groupe. À ses débuts, l’élève veut copier le maître en montrant un penchant pour la satire à la Luambo Makiadi, mais c’est dans le registre du cœur, du romantisme qu’il va lancer le troisième étage de la fusée Multi System qui va enrichir le répertoire de la musique congolaise des titres incontournables pour les radios et pour toutes les soirées et fêtes congolaises : « Ya Jean », « Faute ya visa », « Si je savais ça », « Bonheur Plus » et surtout « Juste un peu d’amour » qui restera sans doute la meilleure chanson de Madilu.
A l’école de Luambo, Madilu a appris à peindre la société sans concession, sans complaisance. La cause des veuves et orphelins qu’on déshérite et la misère exploitée par des églises de réveil auront été des thèmes que Madilu a exploités avec justesse et talent dans plusieurs de ses chansons. Son talent était arrivé à maturité et c’est en ce moment qu’il prit rendez-vous avec l’éternité. À deux mois près, c’est 18 ans jour pour jour après la mort de son maître Franco Luambo Makiadi.
Ombres et lumières
Comme toutes les stars, Madilu n’a pas été épargné par la rumeur. D’abord celle de trahison de Luambo Makiadi. Ce dernier avait toujours déclaré souffrir des reins tandis que la rumeur lui attribuait une maladie incurable. Hospitalisé en Belgique, un chanteur congolais lui rapporta que Madilu se répandait dans les milieux congolais le donnant mourrant puisque atteint de la maladie en question. Madilu dut aller se recueillir à la tombe de Luambo pour demander pardon.
Ses liens si particuliers avec Luambo firent l’objet de suspicion, la rumeur parlant d’un pacte mystique passé entre les deux. Certains iront même jusqu’à dire que Madilu souffrait d’une plaie incurable et que c’était un sacrifice qu’il avait fait pour avoir du succès. Le problème c’est que lui-même jouait avec cette rumeur et quand des musiciens qui l’accompagnaient au studio demandaient à refaire certaines prises, Madilu leur disait : « Bomona rien nakofula » (Ne vous en faites pas des forces mystiques vont porter l’album).
Afriqu’Echos Magazine/MMC
Bazakana Bayete : « Madilu devait faire sa carrière au sein de l’Afrisa, mais Tabu Ley lui avait préféré Papa Wemba »
Kinshasa, 22/08/2007 / Musique
« Madilu aurait pu faire carrière dans le foot car il était doué, mais l’appel de la musique avait été plus fort. Et le groupe au sein duquel il devait faire sa carrière était l’Afrisa International de Tabu Ley ».Bazakana Bayete, conseiller à la rédaction à AEM, chroniqueur de musique dès 1969 d’abord au quotidien du matin « Salongo », administrateur de l’Afrisa de Tabu Ley, qui a côtoyé quasiment tous les grands noms de la musique africaine, évoque un moment-clé de la carrière de Madilu dont il a suivi de près les grandes péripéties.
« Madilu aurait pu faire carrière dans le foot car il était doué, mais l’appel de la musique avait été plus fort. Et le groupe au sein duquel il devait faire sa carrière était l’Afrisa International de Tabu Ley. Mais ce dernier avait très peu de considération pour Madilu qu’il considérait alors juste comme un chanteur qui ne valait que par sa capacité à adopter le timbre vocal de Pépé Kallé. Ce n’était pas là la seule raison : Papa Wemba qui venait d’intégrer cet orchestre voyait en Madilu une concurrence féroce qu’il ne souhaitait manifestement pas affronter (...).
Ces réticences débouchèrent sur un terrible affront subi par Madilu à l’aéroport international de Ndjili. En 1978, alors qu’Afrisa s’apprêtait à prendre l’avion pour le Sénégal, Tabu Ley me chargea de lui annoncer qu’il ne ferait pas le voyage afin qu’il reste s’occuper de sa femme qui était souffrante. Insupportable pour le Grand Ninja car Papa Wemba et Rigo Star avaient eux fait le voyage ».
« Deux personnes ont, en effet, aidé Madilu à lancer véritablement sa carrière musicale et à laver cet affront : le producteur Cover et Luambo Makiadi Franco. Ce dernier décida de le propulser au devant de la scène afin de faire face au comportement de Ntesa Dalienst et Josky Kiambukuta devenus moins soumis et incontrôlables par le Grand Maître. Cette collaboration stratégique détonna tout de suite avec la chanson fétiche "Non" ».
« C’est par ailleurs un grand ami, un presque parent que je viens de perdre. Nos deux familles étaient très proches et ce fut un choc pour moi quand sa femme Biya m’a appelé pour m’annoncer cette perte irréparable ».
Afriqu’Echos Magazine/MMC
Madilu n’était pas affilié à la Sacem, sa famille n’héritera donc pas des droits d’auteur
Kinshasa, 22/08/2007 / Musique
Heureusement, il semble que le Grand Ninja n’a pas été que cigale toute sa vie. Car, trop souvent, il existe un vrai décalage entre la notoriété, la popularité, le train de vie conjoncturel en période faste de nos artistes musiciens. Une confirmation : Madilu System n’était pas affilié à la Sacem, la société française de protection des droits d’auteurs-compositeurs, interprètes et éditeurs comme nous avons pu le vérifier. Et c’est le cas de beaucoup de musiciens congolais qui sont pourtant produits en France. Les œuvres du chanteur continueront ainsi à être reproduites, diffusées et interprétées sans que ses ayants droit ne perçoivent le moindre centime d’euro.
Des chansons de Madilu ont été pourtant déclarées à la Sacem par ses derniers producteurs et il lui aurait suffi simplement d’adhérer moyennant 115 euro et la Sacem lui aurait versé des droits en cas de reproduction, de diffusion (Radios, télés, soirées, fêtes…) ou d’interprétation dans des concerts. Une simple visite sur le site de la Sacem permet de recenser une trentaine de chansons signées Madilu dont certaines avec cette bizarrerie d’avoir comme arrangeur Denewade (le bras droit de Kiamuangana Verckys). Ce dernier, futé, a dû toucher sans doute des droits à ce titre.
Et encore pour que les artistes congolais soient rétribués, il faudrait que les producteurs et les organisateurs de concerts, de soirées africaines… prennent le soin de déclarer leurs manifestations à la Sacem et versent les redevances. La quasi-totalité de soirées et de concerts congolais ne sont, en effet, pas déclarés à la Sacem, moins encore ces nombreux DVD qu’on trouve dans les échoppes congolaises.
La voix, les œuvres de Madilu Bialu Jean de Dieu vont lui survivre et resteront comme une sorte d’hommage perpétuel auquel se plieront avec grâce plusieurs générations de mélomanes. Pendant ce temps, la veuve et la descendance du chanteur devront se contenter du nom prestigieux pour seule retombée post-carrière de Madilu.
Heureusement, il semble que le Grand Ninja n’a pas été que cigale toute sa vie. Car, trop souvent, il existe un vrai décalage entre la notoriété, la popularité, le train de vie conjoncturel en période faste de nos artistes musiciens et ce qu’il en est au quotidien ou à la fin de leur carrière.
Afriqu’Echos Magazine/MMC
Témoignage de Dinastar Shango : « Madilu s’était fait ami du domestique de Sam Mangwana pour approcher ce dernier »
Kinshasa, 22/08/2007 / Musique
« Dans sa voiture, il écoutait plus la musique des anciens : Grands Maquisards, Vox Africa, Grand Kallé, OK Jazz, African Fiesta Sukisa de Dr Nico, African Fiesta National de Seigneur Rochereau, Wendo, Bantous de la Capitale… ».Artiste-musicien installé à Mulhouse (France), Dinastar était l’ami et le confident de Madilu System qui lui avait transmis un principe de vie qu’il a hérité lui-même de Grand Maître Luambo Makiadi : « Ne jamais divulguer les confidences faites par un ami, même si votre amitié vole en éclats ».
Des confidences faites par Madilu, Dinastar les garde pour lui mais révèle quelques aspects intéressants des débuts du chanteur et de sa personnalité :« Son idole était Sam Mangwana et c’est bien lui qui lui avait donné envie de faire carrière dans la musique. Pour approcher son idole, Madilu System s’était lié d’amitié avec le domestique du chanteur. Il faisait alors l’école buissonnière pour passer son temps avec son ami domestique, afin de pouvoir écouter Sam Mangwana chanter. System avait beaucoup de respect pour ses aînés dans la musique. Dans sa voiture, il écoutait plus la musique des anciens : Grands Maquisards, Vox Africa, Grand Kallé, OK Jazz, African Fiesta Sukisa de Dr Nico, African Fiesta National de Seigneur Rochereau, Wendo, Bantous de la Capitale… ».
« Dans la vie de tous les jours, on passait de bons moments à parler politique, à analyser la musique congolaise actuelle, à se poser des questions sur le phénomène des églises dites de réveil. Madilu passait aussi son temps à regarder les DVD des pièces de théâtre (les Maboke) et téléphonait beaucoup. À part cela, c’est un doux euphémisme de dire que son péché mignon était les femmes… Mon grand était un bon vivant, un bon vivant qui ne tolérait cependant aucune immixtion dans sa vie conjugale ».
Madilu : « A chaque fois que j’entre en studio, Grand Maître Franco m’apparaît en rêve »
Très proche de Madilu System, dont il était par ailleurs le conseiller artistique, Dinastar Shango est sonné par la disparition de celui qu’on appelait aussi Grand Ninja. 48 heures après nous avoir envoyé son témoignage, il a recontacté la rédaction d’Afriqu’Échos Magazine pour nous livrer de nouvelles anecdotes : « Je n’en reviens toujours pas, je ne réalise toujours pas que Madilu est mort, j’ai du mal à le croire et à l’accepter ! Et des anecdotes affluent dans mon esprit comme celle-ci : Madilu me disait souvent qu’à chaque fois qu’il entrait en studio pour enregistrer un album, le Grand Maître Franco lui apparaissait la nuit en rêve ».
« Je voudrais saisir également cette occasion pour démentir la très vieille rumeur de la plaie incurable à une jambe qui se racontait sur Madilu. Je peux témoigner qu’à plusieurs fois, chez lui, quand il faisait chaud, en été, il était toujours en short et torse nu, car, il aimait bien caresser son ventre. En été 2005, il s’était acheté un short, un tee-shirt blanc et une paire de baskets et se promenait dans les rues piétonnes du centre ville de Mulhouse. Dans le train, en première classe, quand on voyageait, à la moindre gêne il enlevait ses chaussures et ses chaussettes, retroussait son pantalon et parfois demandait qu’on lui masse les pieds pour être soulagé. Je n’ai donc jamais vu une quelconque plaie sur les parties visibles de son corps ».
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Samyto : « L’état de santé de Madilu était préoccupant et il n’aurait pas dû rester longtemps en Afrique »
Kinshasa, 22/08/2007 / Musique
Madilu était souffrant depuis plusieurs années et son état nécessitait un suivi médical permanent. Nous sommes partis à Libreville où il devait livrer deux concerts. La veille du concert, il a saigné abondamment.Samyto, c’est un nom rendu très populaire par les chanteurs Madilu, Papy Tex et Pépé Kallé à coups de mabanga (dédicaces) dans leurs chansons. Mais l’intéressé, pas économe de surnoms, demande qu’on l’appelle « Mukubwa Samyto Le Nécessaire de Schengen ».
Ami, confident, Samyto était étroitement associé à la gestion de la carrière de Madilu et a vu du pays en compagnie de l’artiste : Allemagne, Belgique, Irlande, Suisse, Hollande, Gabon… Pour Samyto, en décidant de s’installer à Kinshasa et considérant ses antécédents médicaux, Madilu s’était condamné : « Madilu était souffrant depuis plusieurs années et son état nécessitait un suivi médical pointu et permanent. Nous avions déjà connu une alerte en 2004. Suite à une invitation de Madame Edith Bongo, nous sommes partis à Libreville où il devait livrer deux concerts.
La veille du premier concert, Madilu a saigné abondamment du nez et a dû passer la nuit à l’hôpital. Le lendemain, dans sa loge avant le concert, il saignait à nouveau. Il est monté malgré tout sur scène et après avoir interprété une seule chanson « Juste un peu d’amour », il dut renoncer car il saignait toujours et était très affaibli. Et comme son état ne s’améliorait pas, nous avions recouru à des guérisseurs locaux, sans succès. De l’hôtel, j’avais alors appelé Kinshasa pour demander conseil. On me recommanda de brûler un tissu et d’en faire inhaler la fumée à Madilu. Revenus en Europe, les médecins consultés ne diagnostiquèrent rien d’alarmant. Mais il fera une nouvelle crise moins d’une semaine plus tard en Irlande ».
« Déjà, en 2002 quand l’album "Bonheur" était en gestation, Madilu avait été admis pendant deux semaines et demi aux soins intensifs de l’hôpital américain à Paris après avoir été victime d’un malaise en pleine séance d’enregistrement au studio Harryson. Toujours à la même période il avait piqué une autre crise dans sa chambre d’hôtel. Auparavant, il avait fait une crise dans un avion, et avait été hospitalisé en Belgique. Madilu n’aurait pas dû rester longtemps en Afrique puisque son était de santé nécessitait un suivi régulier dans un hôpital d’Europe ».
« J’étais son manager, son directeur artistique, son confident. On se disait tout. Je passais des vacances chez lui. On se disputait, même en présence de sa femme ou devant les gens et je partais souvent en colère. Mais, on se téléphonait tout de suite après et on se marrait. Je pourrais raconter plein de choses, mais j’avais passé un pacte avec Madilu de ne jamais dévoiler nos secrets.
Malheureusement notre collaboration s’est arrêtée suite à une histoire d’argent et depuis je trouvais qu’il était mal entouré, mal conseillé. Il m’avait proposé à trois reprises de voyager avec lui à Kinshasa, mais j’ai décliné l’offre mais nous étions restés en très bons termes. Mon ami aimait la vie, l’ambiance, les femmes. Je me culpabilise un peu de l’avoir en quelque sorte ».
Afriqu’Echos Magazine/MMC
Madilu : Les avis éclairés du Dr Vunda Mudiama Aaron sur l’hypertension et le diabète qui l’ont emporté et dont souffrent de plu
Kinshasa, 22/08/2007 / Musique
Le diabète non ou mal contrôlé cause des dégâts sur presque tous les organes et son effet sur les artères aggrave l’hypertension. Les reins qui dans certaines conditions jouent un rôle dans la stabilisation de la tension artérielle sont eux aussi affectés par le diabète.Les différentes versions reçues par le rédaction d’Afriqu’Echos Magazine (AEM) semblent confirmer que Madilu Bialu souffrait de l’hypertension artérielle et du diabète, deux maladies qui seraient à la base de son décès. Au-delà du cas de ce chanteur, force est de constater que le taux de prévalence de ces deux affections dans la diaspora congolaise est inquiétant. Nous avons, à cet effet, jugé opportun de solliciter les avis éclairés d’un médecin pour en savoir plus sur ces maladies. Et encore il fallait trouver un médecin qui sache parler simplement et clairement, avec pédagogie, de ces deux pathologies. Cela donne un éclairage très intéressant signé du médecin congolais Vunda Mudiama Aaron (sur la photo), docteur en médecine de l’université de Kinshasa, spécialiste en chirurgie pédiatrique de l’université de Rennes (France).
Après avoir travaillé dans la région de Nantes (France), il est aujourd’hui responsable des Urgences chirurgicales pédiatriques des Hôpitaux universitaires de Genève en Suisse.
AEM : Docteur, de plus en plus de Congolais souffrent du diabète et de l’hypertension, c’est une évolution ou simplement une réalité qu’on découvre puisqu’ils consultent davantage les médecins ?
Dr Vunda Mudiama Aaron : Les deux, il me semble. Les moyens diagnostics sont plus accessibles actuellement, les médecins sont plus alertes et contrôlent volontiers ces paramètres dès qu’il y a quelques facteurs de risque chez un de leurs patients.
D’autre part, la vie quotidienne du Congolais est devenue plus favorable au développement de ces maladies. Comment ne pas être hypertendu quand on est en stress permanent par rapport à son pays en guerre, sa famille nombreuse à supporter (frères, soeurs, parents, parfois plusieurs épouses et enfants), sa situation administrative complexe dans le pays d’accueil, un emploi sans assurance du lendemain et pour les artistes, les contraintes de l’image de soi a véhiculer auprès des fans.
Par ailleurs, notre alimentation est trop riche en sel, en sucres divers (dont les féculents), trop grasse et quelques fois beaucoup trop arrosée en alcools forts. C’est une véritable bombe à retardement pour le coeur et les artères mais aussi pour le foie et le pancréas. Le pancréas qui produit de l’insuline pour digérer le sucre que nous consommons est détruit par l’alcool et le diabète trouve un terrain de prédilection pour s’installer. Sans compter que les activités physiques sont souvent trop faibles pour permettre de dépenser les trop nombreuses calories que nous consommons dans notre alimentation et qui finissent par devenir nuisibles à la santé. Pour ceux qui fument en plus...
Madilu souffrait de l’hypertension et du diabète, l’une des affections aurait-elle pu être un facteur aggravant pour l’autre ?
Le diabète non ou mal contrôlé cause des dégâts sur presque tous les organes et son effet sur les artères aggrave l’hypertension. Les reins qui dans certaines conditions jouent un rôle dans la stabilisation de la tension artérielle sont eux aussi affectés par le diabète et ne sont donc plus très efficace dans ce rôle.
Madilu avait visiblement une surcharge pondérale (excès de poids), cela pouvait-il provoquer ou aggraver l’une de ces maladies ?
La surcharge pondérale de Madilu frappait à l’oeil et inquiétait certains de ses fans, pas toujours hélas, ceux qui l’approchaient suffisamment pour pouvoir lui en parler. Avec ce surpoids, il y avait sans doute un taux sanguin trop élevé de cholestérol, ces graisses dont on sait que leur sous-groupe dit LDL, à faible densité est très nocif pour les artères. Ce LDL cholestérol agit dans les artères comme le calcaire dans la tuyauterie, en les bouchant, par dépôt d’une plaque dure appelée athérome.
Pour un coeur surchargé qui doit déjà lutter très fort comme une petite pompe devant alimenter un corps trop gros, se retrouver devant une tuyauterie partiellement bouchée (artères avec des plaques d’athéromes) devient un vrai calvaire. La pression du sang circulant va indiscutablement augmenter avec toutes les conséquences néfastes : maux de tête, vertiges, palpitations cardiaques, etc... La pression du sang dans les artères est justement ce que l’on appelle en médecine tension artérielle.
L’hypertension chez les personnes avec des plaques d’athéromes peut détacher un petit bout de cette plaque qui va librement circuler et aller boucher une artère du cerveau, provoquant un accident vasculaire cérébral (AVC) souvent foudroyant en dehors d’une prise en charge énergique dans les 30 minutes. On sait qu’une réanimation dans les 30 minutes à Kinshasa est un rêve pieux.
L’obésité, l’alimentation trop grasse et trop salée (kisalakindeki, anchois...), l’absence d’activité sportive, la consommation de tabac sont des facteurs aggravants en cas d’hypertension artérielle que chacun de nous peut parfaitement contrôler.
Ces facteurs environnementaux sont hélas, médiatisés à contre-courant dans certains milieux congolais où être gros paraît encore comme signe de meilleure santé, de bien-être et d’opulence et considéré comme stigmate du bien vivre et bien manger. Nous devons faire beaucoup d’efforts de prévention pour enrayer cette escalade des décès parmi les Congolais. Je dois ajouter que pour être diabétique ou hypertendu, ou pour avoir un taux sanguin trop élevé de cholestérol, il ne faut pas nécessairement être obèse.
En cas de crise simultanée de diabète et d’hypertension, quel est le protocole médical ? Y a-t-il une maladie qu’on traite en priorité ou on s’attaque aux deux en même temps ?
Il n’est pas rare d’avoir un hypertendu en coma diabétique avec des tensions artérielles très élevées. Il faut s’attaquer aux deux mais le meilleur moyen est encore de prévenir les deux maladies de s’installer. Il existe certes des prédispositions au diabète comme à l’hypertension artérielle mais ce sont des facteurs environnementaux qui les installent. On peut les prévenir en luttant contre ces facteurs que je viens de citer.
Au delà du traitement médical, à quel type d’hygiène de vie serait contrainte une personne qui souffre de ces deux maladies ?
Pour un hypertendu : éviter le stress, éviter de prendre trop de poids, arrêter de fumer, de manger trop gras et trop salé, avoir une activité physique pour maintenir le coeur en forme. Pour un diabétique, respecter un régime alimentaire avec consommation modérée de sucre, arrêter toute consommation de boissons alcoolisées, soigner énergiquement toute plaie.
Dans les deux cas, consulter un spécialiste régulièrement, respecter les traitements et les régimes prescrits et se soumettre à des contrôles périodiques. La prévention reste le meilleur moyen de rester en bonne santé.
La rumeur racontait que Madilu souffrait d’une plaie incurable, au cas où cela s’avérait, le diabète en aurait-il été la cause ?
Dr Vunda : S’il avait une plaie incurable et qu’il était diabétique, le diabète dans la mesure où il était mal équilibré comme on a pu le lire, empêchait la guérison rapide de cette plaie, c’est évident. Il a dû en souffrir. À condition que cette rumeur soit avérée car je ne peux me permettre un diagnostic sur base de rumeur.
Je suis médecin mais également mélomane, laissez-moi finir cette interview en souhaitant que l’âme de Madilu System repose en paix.
Afriqu’Echos Magazine/MMC
20 août 2007
Adieu Madilu System, la mort n’éteindra pas ton souffle amoureux ( suite et fin)
Kinshasa, 18/08/2007 / MusiqueC’est dans l’orchestre OK jazz que ce rossignol de la chanson congolaise verra s’éveiller en lui sa véritable veine vocale. Une incorporation qui lui a été vraiment heureuse.
Le chanteur Madilu fourbit ses premières armes en 1973 dans l’orchestre Bakuba aux côtés de feu Kabasele Yampanya « Pepé Kallé » avant de créer, un an après, avec le concours du soliste Yossa Taluki et le chanteur Pindu, l’ensemble Bakuba Mayopi. C’est dans cet orchestre que le public le découvrit grâce aux oeuvres de haute facture qui avaient pulvérisé les hit-parades de l’époque.
Des oeuvres qui gardent aujourd’hui leurs suavités d’antan, à l’exemple des chansons « Pamba Pamba , Likelemba, Isota, Mbiyananga, Moutshatsho »et autres.
Quelques temps après, cet orchestre se démembrera suite à une divergence des vues entre ses protagonistes.
Loin de demeurer dans l’inaction, Madilu monte l’orchestre Pamba-Pamba en 1977 qui ne fera pas long feu. L’artiste Soki Vangu court à son secours. Et sur les décombres de Pamba Pamba sera crée l’orchestre « Madilu System » qui, après sa courte existence, plongera Madilu dans le chômage.
Un long chômage qui a failli pousser l’artiste à l’abandon à cause de l’accueil réfrigérateur dont il était l’objet de la part de patrons des orchestres de Kinshasa. Heureusement que le patron de OK Jazz, feu Luambo Makiadi Franco, lui tendra la perche, l’appela à la rescousse et à la revitalisation de son groupe. Une occasion providentielle qui le propulsera au firmament du vedettariat.
Eveil artistique
C’est dans l’orchestre OK jazz que ce rossignol de la chanson congolaise verra s’éveiller en lui sa véritable veine vocale. Une incorporation qui lui a été vraiment heureuse.
Car Bialu Madilu s’y lancera dans un sursaut artistique qu’il n’a jamais réalisée dabs sa carrière musicale. Sa présence aux côtés de Luambo lui sera d’un appoint superbe.
Car, après avoir erré vainement à la recherche d’une stabilité professionnelle, et prêt à lâcher prise, Luambo lui ouvrit par un pur hasard les portes de l’Ok Jazz, son intégration dans cette communauté artistique lui permit de s’ajuster dans son métier et de s’améliorés davantage dans le domaine de la chanson.D’une organicité rare , sa voix a fait chorus avec le timbre vocal de ses collègues Kiambukuta Josky Ntessa Dalienst, Jo Mpoy et autres musiciens jusqu’à modifier dans une certaine mesure la vocalise de l’orchestre.
Bialu Madilu s’est distingué dans le best-seller « Mamou » et autres oeuvres superbes qu’il a chantées en duo avec Franco, son maître devenant ainsi une référence, apportant également un nouveau cachet dans le style de son ensemble.
Avec « Mamou », Madilu est parvenu à émerveiller et à captiver le monde des admirateurs de l’Ok Jazz, lequel s’enivre des préciosités de sa voix lyrique et emballant aux séductions tes mieux tournées, fruit de son imagination toujours vivante.
Un voix capable de catalyser les âmes mêmes les plus engourdies. Tout le monde se prêtant à l’audition de cette voix à travers les intermittences des messages contenus dans ses chansons toujours belles et captivantes.
Il n’est pas donné à n’importe quel auteur ce génie d’inventer de tels messages et d’en varier les épisodes à l’instar de Madilu, le créateur des oeuvres immortelles, des chansons trémoussant.
Une popularité hors de commun
Bialu Madilu est l’un des musiciens congolais les plus prodigieusement doués. Ainsi se classe-t-il parmi les rares artistes qui ont donné à notre musique une valeur sublime à l’instar de grands poètes universels. Madilu sait jouer au mot et à l’image avec une maîtrise inouïe.
Les chansons « Nzele, Magali, Biya , Pesa position, Juste un peu d’amour » et tant d’autres oeuvres qui essaiment son répertoire fabuleux auréolent son prestige d’auteur- compositeur. Personne ne peut ignorer le mérite de commun le fait trôner dans les hautes sphères de la chanson Congolais.
Madilu est un musicien qui a vite brisé le mythe des orchestres en s’écartant système en vogue dans le pays, en travaillant en freelance et produisant des oeuvres de haute facture.
Résident ensuite avec sa famille, à mort l’a arraché a à l’affection ses siens alors qu’il participait à une séance de travail à Kinshasa. Mort à l’âge de 57 ans, cet artiste obstiné, voyait loin, même très loin, s’immergeant déjà dans les flots de business musical international.
Adieu pour un séjour glorieux dans l’au-delà. Que son âme repose en paix.
Johnny Kokolo/Uhuru
Last edited: 18/08/2007 14:50:48






